L’HYPNOSE DANS LE SPORT

Tout d'abord, sur le plan physique, l'hypnose stimule les mécanismes d'auto-guérison du corps. 


Ces mécanismes stimulés par l'hypnose permettent d'améliorer la gestion de la douleur et de récupérer plus facilement.
Encore mal perçue en France, cette technique est très utilisée en outre-Atlantique où de nombreux Hypnothérapeutes/ Praticien en Hypnose ont intégré les équipes d'entrainement des athlètes de haut niveau.

Le mental joue un rôle déterminant face à l'épreuve, l'adversité, la difficulté ou la pression psychologique liée à un événement important. Se définissant comme un outil, une méthode de communication et d'exploration de l'inconscient, l'hypnose Ericksonienne permet ainsi d'agir sur les capacités physiques et mentales au-delà des limites de la conscience.

« Quelles sont les principales applications de l'hypnose dans le sport ?
C'est assez étendu, une grande partie est de l’ordre du travail émotionnel, c'est-à-dire travailler sur tout ce qui va aider à la performance afin de donner le meilleur de soi-même lors d'une compétition, le jour d'une épreuve ou d'un match. L’hypnose permet de favoriser l'apprentissage ou la correction d'un geste également.  


L'hypnose vous met dans un état d’hyper vigilance. Vous êtes donc conscient cependant votre inconscient prend le relais pour libérer les ressources dont vous avez besoin en lien avec la détermination de votre objectif.


Par priorité, il va être nécessaire de comprendre où se situe le blocage chez le sportif. Au niveau comportemental ou émotionnel? 

LA GESTION DE LA DOULEUR 


Afin de comprendre comment fonctionne la douleur d’un point de vue scientifique.

 

« Les progrès limités faits dans les traitements contre la douleur nous ont conduits à revoir nos approches expérimentales et à aller beaucoup plus loin dans nos connaissances du phénomène »

La définition de la douleur elle-même a été profondément révisée.

 

Pour l’International association for the study of pain, qui regroupe tous les médecins et chercheurs spécialistes de la douleur, la douleur est décrite comme une « expérience sensorielle et émotionnelle désagréable en lien avec une lésion tissulaire réelle ou potentielle. »

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L’organisme, via les fibres qui innervent la totalité de la peau et des organes, envoie un signal électrique au cerveau pour le prévenir qu’une lésion (coupure, brûlure, choc) vient d’avoir lieu ou est imminente. C’est un véritable système d’alarme !


La nouveauté, dans cette approche de la douleur, c’est la composante émotionnelle, longtemps sous-estimée par les scientifiques.

 

« Quand on se coupe le doigt, il n’y a pas de douleur au bout du doigt. L’information électrique remonte jusqu’au cerveau, et c’est le cortex qui interprète ce signal comme étant douloureux : si on n’est pas dans une expérience émotionnellement désagréable, on ne parle pas de douleur mais de nociception »

Grâce aux recherches menées ces dernières décennies, on connaît bien désormais les circuits de la douleur, c'est-à-dire l’ensemble des mécanismes neuronaux qui capturent et transmettent les stimuli reçus par notre peau et nos organes.

 

A ce jour, on a dénombré une quarantaine de récepteurs et de voies spécialisées : certains sont sensibles au chaud - il en existe qui sont spécifiquement sensibles aux températures supérieures à 47°C -, d’autres au froid, d’autres sont sensibles à la pression mécanique exercée..., d’autres sont plus généralistes et exercent une veille sur le « bruit de fond » du corps. « Dans la vie réelle, lorsque vous mettez la main sur une plaque électrique, plusieurs récepteurs et voies se déclenchent en même temps, ceux qui sont actifs à plus de 40°C, ceux qui se déclenchent à 47°C, ceux qui sont sensibles à la pression exercée lorsque vous avez appuyé la main… »


Le signal électrique produit au niveau des récepteurs remonte tout d’abord jusqu’à la moelle épinière, où il est analysé. A ce stade, la moelle épinière peut déclencher une réaction réflexe et provoquer le retrait de la main avant même qu’il y ait une sensation de douleur. On parle alors d’arc réflexe. 


Deuxième possibilité : le message est encodé par la moelle épinière, qui le transmet au cerveau pour interprétation. « Grâce à l’imagerie cérébrale, on sait aujourd’hui que le message atteint à la fois les zones du cerveau spécifiquement dédiées aux informations sensorielles, et des zones non spécifiques de la douleur que sont les zones de l’attention, les zones de l’émotion responsables de la déplaisance, ou les zones de la mémoire qui cherchent si l’on a déjà été confronté à une douleur identique. Ce sont ces dernières régions qui font accéder le stimulus à notre conscience et en font une véritable expérience. 

Une cartographie cérébrale de la douleur


On dispose aujourd’hui d’une véritable cartographie cérébrale de la douleur : « quand on regarde les régions cérébrales actives lors d’un stimulus douloureux, on regarde une « matrice douloureuse » qui comporte environ une quinzaine de régions dans le cerveau, sans que l’on sache encore bien dans quel ordre ces dernières s’allument » Pour la partie émotionnelle, deux zones corticales sont particulièrement importantes, le cortex cingulaire antérieur et le cortex insulaire antérieur, sans oublier l’amygdale située dans la zone sous-corticale. Une chose est sûre, cependant : si dans le cerveau, les circuits empruntés par le signal douloureux sont séparés, l’expérience ressentie au final par l’individu est bien globale.

 

L’imagerie cérébrale ne permet en revanche ni de diagnostiquer la douleur chez un patient, ni de la quantifier. La douleur est une expérience éminemment subjective, et un même stimulus va être ressenti différemment chez une personne ou l’autre, sans que l’on sache bien si la différence se joue au niveau des circuits de la nociception qui véhiculent le message sensoriel, ou au niveau du cortex cérébral lui-même.
 
Mais les informations sensorielles ne se contentent pas de remonter de la périphérie vers le cerveau. On sait aujourd’hui que le cerveau lui-même est capable de moduler la façon dont la moelle épinière traite et encode l’information : c’est le contrôle descendant de la douleur. « Un bon exemple de contrôle descendant est celui de la proie blessée qui s’enfuit pour échapper à son prédateur. Elle n’a pas conscience de la douleur le temps de la fuite, car l’information est pour ainsi dire bloquée par le cerveau qui a alors une seule priorité, la survie de l’animal. Mais dès que le danger immédiat est écarté, la douleur réapparaît. »

 

Le même mécanisme de priorisation s’applique dans le cas de douleurs simultanées, par exemple lorsque l’on a mal au dos et que l’on se blesse la main avec un couteau de cuisine : la deuxième douleur supplante momentanément la première.